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vendredi 9 octobre 2020

Le chant des revenants (Jesmyn Ward)

 

Bonjour à tous!!

Contente de vous retrouver aujourd'hui pour mon avis sur le roman Le chant des revenants de Jesmyn Ward. C'était mon premier roman de l'autrice et j'étais super emballée de commencer cette lecture. J'avais entendu beaucoup de bien par rapport aux romans de l'autrice ainsi qu'aux émotions qu'elle amenait à travers ses personnages alors j'espérais être charmée à mon tour. Je remercie énormément Interforum Éditis Canada pour l'envoi.

Titre: Le chant des revenants (Traduit de l'anglais)
Titre Original: Sing, Unburied, Sing
Autrice: Jesmyn Ward
Éditeur: Belfond
Année d'édition: 2019
Nombre de pages: 272 pages

Résumé

À treize ans, Jojo essaie de comprendre : ça veut dire quoi, être un homme ? Non pas qu'il manque de figures masculines, avec en premier chef son grand-père noir, Pop. Mais il ya les autres, plus durs à cerner : son père blanc, Michael, actuellement en détention ; son autre grand-père, Big Joseph, qui l'ignore ; et les souvenirs de Given, son oncle, mort alors qu'il n'était qu'un adolescent.
Et Jojo a aussi du mal à cerner sa mère, Leonie, une femme fragile, en butte avec elle-même et avec les autres pour être la Noire qui a eu des enfants d'un Blanc. Leonie qui aimerait être une meilleure mère, mais qui a du mal à mettre les besoins de Jojo et de la petite Kayla au-dessus des siens, notamment quand il s'agit de trouver sa dose de crack. Leonie qui cherche dans la drogue les souvenirs de son frère. À l'annonce de la sortie de prison de Michael, Leonie embarque ses enfants et une copine dans la voiture, en route pour le pénitencier d'état. Là, dans ce lieu de perdition, il y a le fantôme d'un prisonnier, un garçon de treize ans qui transporte avec lui toute la sale histoire du Sud, et qui a beaucoup à apprendre à Jojo sur les pères, les fils, sur l'héritage, sur la violence, sur l'amour...

Mon Avis

Comment bien parler de ce roman ? C'est la question que je me pose depuis que j'ai terminé cette histoire hier soir. Parce que clairement, ce n'est pas un roman qui peut être qualifié d'un roman "comme les autres".  On y retrouve tellement de sujets important à travers l'histoire de cette famille américaine que juste pour ça, c'est un roman que l'on devrait lire. Je n'ai pas eu un coup de coeur pour cette histoire, mais ce fût pour moi une bonne lecture. J'ai trouvé par moment qu'on y retrouvait quelques longueurs, mais sinon, c'est un roman important, touchant et une histoire vraiment incroyable.

Le principal sujet de ce roman est oui le racisme, mais encore plus que ça. C'est la comparaison entre les noirs et les blancs et la vision de la femme noire qui, selon moi, est encore plus mal vue dans ce roman. Vous en voulez encore davantage? Cette femme noire s'est marié à un homme blanc qui se trouve en prison. Elle s'occupe donc d'enfants blancs, ce qui est très mal vu dans cette région des États-Unis à cette époque. Léonie est une femme constamment jugée et elle l'est jusque dans sa propre famille. Son seul échappatoire  la drogue. Comment lui en vouloir ? Je ne pouvais même pas m'imaginer en vouloir à ce personnage tellement brisé et tellement jugé. Malgré le fait qu'elle s'occupe plus ou moins de ses enfants, qu'elle passe ses besoins avant ceux de ses enfants et malgré ses défauts qui sont assez mis de l'avant dans ce roman, je me suis étonnée de l'aimer autant. J'avais l'impression de comprendre sa douleur si forte qu'elle a besoin de penser à elle en premier lieu. D'un autre côté, je me suis tellement attaché au personnage de Jojo, le garçon de Léonie qui s'occupe non seulement de lui-même, mais surtout de sa petite soeur qui manque grandement d'amour de la part de leur mère.

Bref, c'est un roman qui ne nous laisse certainement pas indifférent. C'est un roman assez court, mais dont j'ai mis quelques temps à lire puisque je voulais bien m'imprégner de cette histoire. Ce n'est certainement pas une lecture légère et sans prise de tête. C'est plutôt une histoire qui nous pousse à lire entre les lignes et à nous questionner sur notre propre vision de la vie et de la condition des autres qui sont parfois différents de nous. Bref, je vous conseille certainement ce roman et j'ai bien hâte de découvrir d'autres romans de cette autrice. 

Ma Note: 8/10 :)

Je remercie énormément Interforum Éditis Canada pour l'envoi de ce roman!!



mercredi 1 juillet 2020

Kim Jiyoung, née en 1982 (Cho Nam-Joo)

Hello à tous!

Je vous retrouve aujourd'hui pour vous parler du roman Kim Jiyoung, née en 1982 de Cho Nam-Joo. J'en avais entendu beaucoup de bien et puis étant donné le phénomène de ce roman en Corée, j'avais envie de le lire afin de comprendre tout l'engouement autour de cette histoire.

Titre: Kim Jiyoung, née en 1982 (Traduit du coréen)
Titre Original: Palsip yi nyeon saeng kim jiyeong
Auteure: Cho Nam-Joo
Éditeur: Nil
Année d'édition: 2020
Nombre de pages: 219 pages

Résumé

Kim Jiyoung est une femme ordinaire, affublée d’un prénom commun – le plus donné en Corée du Sud en 1982, l’année de sa naissance. Elle vit à Séoul avec son mari, de trois ans son aîné, et leur petite fille. Elle a un travail qu’elle aime mais qu’il lui faut quitter pour élever son enfant. Et puis, un jour, elle commence à parler avec la voix d’autres femmes. Que peut-il bien lui être arrivé ?
En six parties, qui correspondent à autant de périodes de la vie de son personnage, d’une écriture précise et cinglante, Cho Nam-joo livre une photographie de la femme coréenne piégée dans une société traditionaliste contre laquelle elle ne parvient pas à lutter. Mais qu’on ne s’y trompe pas : Kim Jiyoung est bien plus que le miroir de la condition féminine en Corée – elle est le miroir de la condition féminine tout court.

Mon Avis

Ce roman est relativement court avec ses un peu plus de 200 pages, mais on arrive à bien cerner le rôle de la femme dans la société sud coréenne. J'ai adoré suivre l'évolution du personnage de Kim Jiyoung alors qu'on la découvre à l'âge adulte alors qu'elle développe un problème de personnalité en prenant le rôle et la voix de divers membres de sa famille. Son mari étant inquiet de ce brusque changement dans sa vie, on découvre ensuite l'histoire de la vie de Kim Jiyoung et ce à partir de sa naissance en 1982. 

C'est un roman assez biographique de la vie de cette femme sud coréenne qui a de nombreux rêves, mais qui apprend rapidement qu'elle devra certainement laisser tomber certains d'entre-eux pour effectuer son rôle de femme. Alors que sa mère l'encourage à réaliser des études, elle se rend rapidement compte que le niveau d'étude n'octroie pas, pour une femme, nécessairement un poste et ce même avec des compétences supérieures à un homme. Ce roman est d'une grande beauté. Il m'a fait connaître cette réalité éprouvante que vivent les femmes de ce pays. Le nombre de femmes réussissant à percer dans un monde masculin est très faible. Bien que je connais le phénomène, il m'a semble au fil de ma lecture, complètement insensé que certains pays soient encore retardé à ce point dans les différences de statut entre les hommes et les femmes. C'est un roman qui nous apprend également beaucoup sur cette culture que je connaissais personnellement peu. J'ai beaucoup aimé la détermination des personnages féminins de l'histoire. Je crois que c'est un roman qui se doit d'être lu par le plus de gens possible. Je vous le recommande! :)

Ma Note: 8/10 :)

vendredi 7 février 2020

Le bal des folles (Victoria Mas)

Hello les petits chats,

On se retrouve pour parler du roman Le bal des folles de Victoria Mas, un roman que j'avais hâte de découvrir lorsqu'il est sortie au Québec. J'en avais entendu tellement de bons commentaires que j'ai eu envie de me faire mon propre avis sur ce roman.

Titre: Le bal des folles
Auteure: Victoria Mas
Éditeur: Albin Michel
Année d'édition: 2019
Nombre de pages: 251 pages

Résumé: Chaque année, à la mi-carême, se tient un très étrange Bal des Folles. Le temps d’une soirée, le Tout-Paris s’encanaille sur des airs de valse et de polka en compagnie de femmes déguisées en colombines, gitanes, zouaves et autres mousquetaires. Réparti sur deux salles – d’un côté les idiotes et les épileptiques ; de l’autre les hystériques, les folles et les maniaques – ce bal est en réalité l’une des dernières expérimentations de Charcot, désireux de faire des malades de la Salpêtrière des femmes comme les autres. Parmi elles, Eugénie, Louise et Geneviève, dont Victoria Mas retrace le parcours heurté, dans ce premier roman qui met à nu la condition féminine au XIXe siècle.

Mon Avis

À la base, j'étais hyper intriguée par cette histoire qui se déroule entre les mûrs de l'hôpital psychiatrique de la Salpêtrière de Paris au XIXe siècle. L'historienne en moi avait vraiment envie de découvrir cette histoire qui traite particulièrement bien de la condition des femmes à cette époque. Après la lecture de ce roman, j'ai passé par une foule d'émotions. À la fois cette lecture fût vraiment intéressante et très instructive puisqu'on se rend rapidement compte que c'est une histoire pratiquement entièrement basée sur des faits vécues et une recherche historique incroyable. À la fois, c'était une lecture effrayante alors qu'on voit vraiment comment était traité les femmes de l'époque. Au moindre rien, elles pouvaient être déclarée folle et enfermée. D'ailleurs, on se rend compte que les hommes sont extrêmement supérieurs aux femmes et qu'ils pourraient pratiquement enfermée une femme sans raison valable simplement en inventant quelque chose.

Par le fait même, on se rend compte du progrès de la société en terme de la place de la femme. On se plonge aussi dans une histoire vraiment intrigante parce qu'à travers l'aspect historique et la condition de la femme dans la société du XIXe siècle, on suit l'histoire de femmes enfermées, mais plus précisément l'histoire d'une femme qui parle avec les morts. Ainsi, l'auteure amène des sujets importants dans ce roman au travers d'une histoire vraiment addictive. Le roman est court et se lit rapidement parce qu'il est intéressant autant au niveau de la recherche documentaire qu'au niveau de l'histoire.

Je ne peux que vous recommander ce livre que j'ai moi-même donné à ma tante pour Noël parce que cette histoire est juste incroyable et j'avais envie de la faire passer. Un coup de coeur pour moi!!

Ma Note: 10/10 :)

lundi 6 mai 2019

Vox (Christina Dalcher)

Bonjour à tous!

Je travaille tranquillement, mais surement pour rattraper mes chroniques en retard en plus du boulot et de mes cours. Aujourd'hui, je vous parle de Vox de Christina Dalcher. C'est un roman que j'avais très envie de lire dès que j'en ai entendu parler vu son sujet peu habituel et son caractère un peu dystopique. Aussitôt entre mes mains, aussitôt lu.

Titre: Vox (Traduit de l'anglais)
Titre Original: Vox
Auteure: Christina Dalcher
Éditeur: NiL
Année d'édition: 2019
Nombre de pages: 432 pages

Résumé: Jean McClellan est docteure en neurosciences. Elle a passé sa vie dans un laboratoire de recherches, loin des mouvements protestataires qui ont enflammé son pays. Mais, désormais, même si elle le voulait, impossible de s’exprimer : comme toutes les femmes, elle est condamnée à un silence forcé, limitée à un quota de 100 mots par jour. En effet, le nouveau gouvernement en place, constitué d’un groupe fondamentaliste, a décidé d’abattre la figure de la femme moderne. Pourtant, quand le frère du Président fait une attaque, Jean est appelée à la rescousse. La récompense ? La possibilité de s’affranchir – et sa fille avec elle – de son quota de mots. Mais ce qu’elle va découvrir alors qu’elle recouvre la parole pourrait bien la laisser définitivement sans voix…
Christina Dalcher nous offre avec Vox un roman dystopique glaçant qui rend hommage au pouvoir des mots et du langage.

Mon Avis

Le résumé de ce roman m'a tout de suite intrigué et donné envie de lire cette histoire de toute urgence. Il y a des romans comme ceux-là qui nous font tellement envie que c'est presqu'une souffrance d'attendre pour les lire. Vox était ce genre de roman pour moi. J'avais l'impression que j'allais me plonger dans une histoire irréelle qui me pousserait à me poser des tonnes de questions sur la façon de voir certaines choses de la vie. Ce fut effectivement le cas et, je crois, que ce livre peut réellement faire grandir le lecteur par les questions qu'il apporte. 

On se plonge dans une histoire se passant dans un futur proche. Toutefois, on se rend vite compte que malgré le fait qu'on se trouve dans le futur, on est plongé dans un monde qui a régressé en ce qui concerne les pouvoirs dont les femmes sont autorisés à avoir. Le gouvernement américain en place a fait en sorte de limiter les femmes à 100 mots quotidien. Au-delà de ces 100 mots, elles reçoivent un choc électrique qui s'amplifie avec le nombre de mots supplémentaires. Ainsi, les femmes, dès leur plus jeune âge, sont obligée de vivre avec un compte-mots autour du bras. Elles ne sont plus autorisée à travailler et doivent se conformer aux désirs de leur mari en ce qui concerne tous les aspects de leur vie. Également, ce sont ces mêmes maris qui ont vu sur leur dossier médical, leur courrier, etc. Les femmes n'ont donc plus aucun pouvoir. Jean, docteure en neurosciences n'a pas droit à aucune exception vu son statut de scientifique. Elle ne travaille plus depuis l'instauration de ces nouvelles politiques. Toutefois, on aura possiblement besoin de ses services lorsque le frère du Président subi un grave accident. À quelle prix Jean acceptera-t-elle d'offrir ses services?

Ce roman est franchement dérangeant. J'ai non seulement eu envie de parler durant l'ensemble de ma lecture, mais aussi de crier à l'injustice que subissent ces femmes. Ce roman m'a complètement terrifiée vu le caractère irréel de la situation, mais dont l'auteure arrive si bien à nous faire croire à une possible réalité future. De plus, cette histoire est parsemée de faits scientifiques grandement intéressants qui m'a vraiment fait accrocher à cette histoire. Bien que ce roman vise un large public, l'auteure nous apprend beaucoup de choses sur l'univers du cerveau humain. C'est un roman dont j'ai vraiment pris un réel plaisir à dévorer malgré le sujet difficile se trouvant au centre de l'histoire. Les personnages sont vraiment géniaux et bien développés. L'atmosphère familiale dans laquelle se trouve Jean semble typique d'une famille vivant oppressée par ce genre de politique. Les personnages correspondent à un peu tous les types de gens qui vivraient cette situation et l'auteure arrive à bien développer chacun d'eux. Pour un premier roman, je l'ai trouvé génial et je vous encourage très fortement à le lire. Vous serez certainement choqué, mais il s'agit d'un très bel exercice permettant de critiquer une politique en place. Un roman délicieusement traumatisant...

Ma Note: 9/10 :)